2009-2015 - un hiver cosmique

Malgré leur nombre restreint de cinq, les planètes lentes - du moins celles connues à ce jour - peuvent engendrer par leur mouvement des multitudes de combinaisons allant du plus favorable au plus défavorable, au niveau de leur nature, en passant par des degrés intermédiaires se traduisant soit par des périodes un peu plus heureuses soit un peu moins. En plus de leur nature, elles peuvent aussi faire ressortir des caractéristiques liées cette fois à l'intensité faisant prévaloir un niveau variable allant d'une certaine neutralité (lorsqu'elles forment relativement peu d'aspects et à la limite d'orbe) jusqu'à une grande intensité lorsque les aspects formés sont à la fois nombreux et proches de leur exactitude.

Ainsi, à diverses époques, y a-t-il des concentrations très élevées soit d'harmonie soit de dissonance que l'on ressent comme autant de périodes très heureuses ou très difficiles. Par exemple, la dernière concentration importante s'est étalée de 1995 à 2005, une décennie pendant laquelle les cinq planètes se sont retrouvées en harmonie sans aucune dissonance pour en amoindrir la portée, sauf évidemment la douloureuse opposition Saturne/Pluton tristement célèbre avec les événements de septembre 2001, ce qui s'est traduit par une période exceptionnelle de développement permettant à de nombreux pays de retrouver le chemin de l'équilibre budgétaire après la crise du début des années 90.

Pendant cette décennie, le Canada, pour un, a vu sa croissance augmenter de façon fulgurante, ce qui a permis d'atteindre l'équibre budgétaire puis de commencer à retrancher quelques milliards sur sa dette. Les perspectives d'avenir semblaient alors illimitées et les projets à long terme apparaissaient  réalisables. Mais déjà, au début de 2008, les premiers signes de détérioration faisaient leur apparition avec la crise du papier sans que l'on évoque toutefois la possibilité d'un crise plus large comparable avec les pires enregistrées dans le passé. Puis, dès l'automne, ce qui semblait être seulement un léger ralentissement prit rapidement l'allure d'un mouvement global s'étendant dans toutes les directions dans un mouvement de descente vertigineuse entraînant dans son sillage la chute de géants financiers que l'on croyait invincibles.

En ce début d'année 2009, comme il a été mentionné dans les prévisions pour l'année en cours, il y a des nouvelles plus heureuses et mars fait déjà ressortir un bilan positif sur la base de plusieurs résultats encourageants tels que les indices boursiers qui ont progressé de près de 15 %, ce qui pourrait en inciter plusieurs à penser que la crise tire à sa fin et que les beaux jours sont proches.

Tout en acceptant ces bonnes nouvelles comme un baume sur la grisaille, ce serait un leurre de penser que l'hiver cosmique qui est commencé s'achève. Tout au plus peut-on évoquer l'image d'un redoux passager comme on en vit assez souvent au début de janvier, la nature faisant une pause pour mieux se reprendre par la suite. Nous sommes bel et bien dans un hiver cosmique dont la fin peut être prévue avec assez d'exactitude pour la fin de 2015 avec l'éloignement définitif de la quadrature Sature/Neptune, bien que la quadrature Uranus/Pluton en sera à ses derniers soubresauts pour quelques mois encore au début de 2016.

Ce qui est intéressant, du point de vue de l'observation générale, c'est que les sources d'information convergent vers une même réalité même s'ils originent d'un angle différent. D'un point de vue astrologique, l'analyse des configurations planétaires qui se profilaient à l'horizon dès le début des années 2000 permettait d'annoncer une période trouble pour les années 2009-2015, tandis que celle faite à partir des considérations économiques basées sur la réalité du moment est arrivée aux mêmes conclusions, mais d'une façon progressive à mesure que la situation évoluait. Au début de la dégringolade, avec l'arrivée de l'automne dernier, les mauvaises nouvelles affluaient de partout de telle sorte que d'une semaine à l'autre on a commencé à évoquer le spectre d'une récession de courte durée, puis se projetant sur une période plus longue jusqu'à ce que certains économistes en arrivent à parler de plusieurs années. Au moment d'écrire ces lignes, l'échéance de 2015 a déjà été mentionnée alors que nous n'avons même pas encore atteint les seuils les plus profonds. Quand au grand public, par une sorte de conscience collective prémonitoire, une forte proportion pense maintenant que la crise s'étendra sur plusieurs années, mais sans pouvoir préciser jusqu'à quand, de telle sorte que si on demandait à des personnes sur la rue si elles pensent qu'elle pourrait s'étirer jusqu'à 2015 plusieurs répondraient que cela est très possible.

Les dissonances qui jalonneront cette période seront-elles suffisamment consistantes pour justifier le titre d'hiver cosmique, ou seront-elles parsemées de quelques pointes ici et là, ce qui pourrait se décrire davantage comme quelques moments difficiles à passer? Elles le sont pour plusieurs raisons, la première étant que la plus sévère (la quadrature Uranus/Pluton) sera en même temps la plus longue mais surtout qu'elle sera accompagnée tout au long de ces six années d'autres dissonances lourdes qui viendront limiter au strict minimum les quelques douceurs qui s'y produiront de temps à autre.

L'hiver cosmique peut se comparer à l'hiver terrestre en ce que cette saison, globalement difficile, comporte tout de même des variantes qui permettent d'en supporter le poids. Ainsi, chacun des mois d'hiver possède des propriétés qui lui sont propres. En décembre, la saison des Fêtes apporte de multiples occasions de festoyer et d'oublier momentanément la rigueur du climat, tout en sachant qu'il y a de nombreuses journées très supportables. En janvier, en revanche, on sait que l'on doit se préparer au pire avec les froids les plus rigoureux et souvent les plus prolongés, et qu'il faut combattre le climat avec toutes les armes disponibles. Pas surprenant que l'idée d'aller vers le Sud est plus impérative pendant ce mois que pendant tous les autres. Avec février, on sait que le pire étant passé, que les journées allongent, que le soleil prend de la vigueur, on trouve la patience de se rendre jusqu'au bout, d'autant qu'il y a quelques jours en moins. Quant à mars, il n'y a que le début qui peut être incommodant, la proximité du printemps étant de nature à stimuler les ardeurs et les espérances.

Dans cet hiver cosmique qui est déjà commencé, il y aura aussi des pointes plus difficiles et des mois plus supportables. La première véritable pointe sera sans aucun doute 2010 tel que commenté déjà dans d'autres articles, surtout dans la première moitié et à l'été avec la formation de la facheuse quadrature Saturne/Pluton. Ensuite il y aura la formation de la quadrature Uranus/Pluton exacte pour une première fois à l'été 2012, mais tempérée tout de même à l'automne par les sextils Saturne/Pluton et le trigone Saturne/Neptune, et finalement en 2015 alors que Jupiter, Saturne et Neptune se retrouveront en dissonance pendant plusieurs mois en accompagnant la dernière phase de la quadrature Uanus/Pluton.

À travers cet hiver, le premier semestre de 2011 apparaît comme une pause alors que la quadrature Saturne/Pluton s'est défaite complètement et que les quadratures Jupiter/Pluton et Jupiter/Saturne se sont formées et éloignées rapidement, tandis que la quadrature Uranus/Pluton est presque à sa limite d'orbe, une autre période pendant laquelle plusieurs penseront que la crise est terminée, mais ce ne sera que temporaire.

Le tableau peut sembler sombre mais il est le reflet de la vie terrestre autant que cosmique, un mouvement qui oscille toujours entre le meilleur et le pire, même si la nature humaine espère constamment que le meilleur s'installera définitivement et qu'en travaillant sur les structures on pourra éviter le pire. Non seulement on ne peut l'éviter mais il fait d'autant plus mal à chaque fois qu'on ne l'attend pas et qu'on y est pas préparé. Pour traverser la crise actuelle on a trouvé rien de mieux que d'hypothéquer encore une fois l'avenir, de repousser l'échéance à une date si lointaine qu'on peut déjà affirmer que les enfants qui sont aujourd'hui dans les garderies ne verront pas le début du commencement du remboursement des premiers dollars virtuels qu'on s'apprête à dépenser pour ne pas perdre le confort d'aujourd'hui. Même leurs enfants ne verront pas ce jour car on ne sera pas plus prêt à affronter la prochaine crise des années 2060-2070 qu'on ne l'était pour faire face à celle d'aujourd'hui.

Alors, de la même façon qu'on aborde l'hiver climatique avec résignation devra-t-on vivre cet hiver cosmique en faisant preuve de la plus grande capacité d'cccomodement aux circonstances. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il ne s'agira pas ici d'une zone perturbée comme on voit régulièrement avec le passage d'une seule dissonance qui peut durer entre un et deux ans, mais bien d'une période assez longue à l'échelle humaine. Avec la certitude maintenant que nous sommes dans une crise économique, il faudra surveiller la suite possible en crise sociale où cette fois les débordements pourront être encore beaucoup plus douloureux.

Jacques Cyr



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