L'ère du Verseau - vers l'anarchie?

    Jusqu'à maintenant, dans cette série où on tente de comprendre dans quelle mesure cette grande transformation cosmique peut avoir des effets perceptibles dans notre vie, nous avons vu la tendance vers la croissance 0, en septembre 1990, moment où je disais que la tendance a l'éliminitation des déficits dans les finances publiques était inévitable et seulement une question de temps, un pas vers l'eugénisme, en mars 1991, avec toutes les conséquences que cela entraîne (l'expérience du clonage d'un veau en Angleterre n'est qu'une des conséquences de cette tendance), une réalité quotidienne, en mars 1993 (la vitesse sur les routes et ailleurs), puis, tolérance 0, en novembre 1995 (une tendance à viser de plus en plus la perfection et à accepter de moins en moins les erreurs ou les imperfections). Et maintenant, on peut réfléchir un instant, par anticipation, à ce que sera le système politique de demain.

    Ce qui me frappe le plus dans tous les propos, et me désole en même temps, ce sont les exigences de plus en plus élevées à l'endroit des personnes qui sollicitent un poste public, une attente disproportionnée par rapport à leur capacité de les combler, comme si le fait de faire partie d'un gouvernement pouvait donner des pouvoirs surnaturels de régler des problèmes qui se situent souvent à l'échelle de la planète.

    Certains faits me semblent symptomatiques de cette tendance : d'abord des poursuites de plus en plus nombreuses de citoyens devant les tribunaux à l'endroit de « leur » gouvernement pour ne pas avoir respecté une promesse électorale, ne pas avoir tenu un engagement.

    Voilà de quoi faire réfléchir à ce que sera la vie politique de demain si la tendance se maintient. Hélas, non seulement la tendance se maintiendra, mais elle tendra à s'accentuer car les influences astrales véhiculées au plus haut niveau, c'est-à-dire celles découlant de l'ère dominante - en l'occurence celle du Verseau - sont tellement puissantes qu'elles transcendent tout le libre arbitre humain. Même lorsque, éventuellement, le principe de l'influence astrale sera reconnu socialement, il ne sera pas possible de nous y soustraire. Dans ce cas, le mieux que l'on puisse faire maintenant c'est de tenter de comprendre, à travers la psychologie du signe, comment la vision Verseau peut s'appliquer à la vie politique de demain.

    D'aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps, c'est la forme de l'autorité absolue qui a prévalu le plus longtemps et dans le plus grand nombre de civilisations, perpétuant le culte des divinités et d'une situation proche de l'esclavage pour la majorité des gens. Ce n'est qu'avec la révolution française, coïncidant de près avec la découverte d'Uranus, que l'idée d'une société où le pouvoir pourrait être exercé, du moins partiellement, par des personnes autres que les élus de Dieu a commencé à s'implanter sur la planète. On a vu tout de même que pendant cette période nébuleuse et troublée de l'Histoire française l'anarchie pouvait mener à des abus aussi néfastes que ceux découlant du pouvoir absolu.

    Ce qui est sûr, à ce moment-ci, en raison de l'essence fondamentale du signe, c'est que tous les systèmes basés sur une autorité suprême comme la royauté ou la dictature sont appelés à disparaître à brève échéance. Il reste très peu de têtes couronnées à travers le monde, et toutes les monarchies existantes sont chambranlantes, tandis que d'autres ne sont plus que symboliques. Quant aux dictatures, il en reste de moins en moins, et elles sont toutes appelées à tomber d'ici quelques décades au plus tard pour être remplacées par la démocratie, peu importe la forme.

    Le système actuel le plus répandu dans la majorité des pays industralisés est basé sur la formation de partis dont l'objectif est de prendre et d'exercer le pouvoir, l'opposition jouant le rôle de chien de garde mais critiquant plus souvent de façon stérile le gouvernement en place que soumettant des propositions positives en vue de trouver des solutions efficaces aux problèmes de la société. Et pour un grand nombre de personnes encore, dont des penseurs modernes, des sociologues ou des politicologues, ce système, bien qu'imparfait, est encore de beaucoup préférable au pouvoir absolu.

    Mais ce que le zodiaque enseigne, c'est que toutes les valeurs qui y sont contenues sont comme des pièces de monnaie: elles ont toutes un envers ou une contrepartie. C'est pourquoi, dans l'absolu, le pouvoir totalitaire n'est pas une forme de gouvernement qui est mauvaise en soi: c'est seulement par le fait que des personnes mal intentionnées peuvent s'en emparer et conduire les sociétés au désastre qu'il n'est pas souhaitable. Mais s'il est vrai de dire qu'en démocratie tout le monde peut aspirer au pouvoir, dans les faits cela est beaucoup moins vérifiable. Et surtout, la relève est-elle assurée automatiquement?

    Au premiers temps de la démocratie un certain idéalisme pouvait caractériser les personnes qui briguaient les suffrages d'un poste public avec le sentiment de remplir une mission, de réaliser une vocation. Nous étions alors pendant l'ère des Poissons où la perspective de sauver le monde était suffisante pour insuffler le goût d'investir le champ de la politique et d'y réaliser une carrière. C'était le temps où la tolérance était une vertu sociale et où on acceptait les « limites » humaines.Maintenant, l' « obligation » de la performance tendra à limiter de plus en plus les candidatures dans les postes publics, et cette tendance sera sans doute à l'origine d'une transformation radicale de la définition de l'autorité.

    D'ailleurs, depuis plusieurs années maintenant, on assiste à une définition du pouvoir qui s'exprime à l'envers de ce qu'il était il n'y a pas si longtemps. Les Japonnais ont été les premiers à l'exploiter sur une grande échelle : dans les usines, c'est le travailleur au bas de l'échelle qui « soumet » des propositions de travail, des méthodes d'exploitation au premier directeur qui, à son tour retransmet l'information à son susupérieur immédiat, et ainsi de suite jusqu'au président de la compagnie, alors que dans le modèle européen ou américain c'est l'inverse qui se produit.

    C'est pourquoi des expressions nouvelles sont apparues dans les deux dernières décades dans le monde du travail: la participation, la collaboration, le partage des responsabilités, mais aussi des bénéfices, l'implication plus grande des personnes travaillant au bas de l'échelle dans le processus décisionnel, etc.

    Dans le domaine de la politique, il y a encore d'énormes résistances à cette décentralisation et à cette inversion de l'exercice du pouvoir. Le gouvernement est formé par une majorité de députés élus, il est à la fois le principal acteur en tant que dépositaire du pouvoir, mais aussi le seul coupable de tous les problèmes. La pression s'accentue sur les élus car les attentes continuent de progresser alors que la capacité de les combler reste limitée. Le pouvoir central, même démocratique, se dirige donc vers un effritement, vers un partage plus fragmentaire que l'on peut comprendre mieux à travers le zodiaque.

    Dans la vision Verseau, il n'y a pas d'autorité, il n'y a pas de président, il n'y a pas de directeur. Il y a seulement une table, ronde, où toutes les personnes assises « sont » l'autorité et la partagent d'une manière « collégiale ». Il y a égalité des personnes mais reconnaissance de l'inégalité des personnalités, du talent. L'attribution des tâches et des responsabilités est faite d'une manière ingénieuse, et davantage en rapport avec la capacité de chaque personne de les assumer d'une manière efficace selon ses ressources. Toutes les énegies sont au service de la collectivité, mais d'une manière individuelle qui respecte et utilise les particularités de chacun.

    Cette perspective semble réjouissante et elle nous rapprochera certainement de l'idéal Verseau d'une juste répartition des biens et des services de la société, partiellement sans distinction de la productivité ou du mérite personnel, partiellement aussi en reconnaissant les efforts individuels, mais elle a aussi son envers: lorsque les énergies circulent dans un sens favorable on parle de collégialité, de consensus;  c'est la personne au service de la société, c'est la démocratie. Mais lorsque les énergies circulent en sens contraire, c'est l'individualisme, la revendication, la confrontation: c'est la personne contre la société, celle qui bloque un pont et prive des dizaines de milliers d'autres de son utilisation légitime pour faire valoir un besoin personnel. C'est l'anarchie!
J.C.
   



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